Oyapock : des cartes en langues Teko et Wayãpi

Date de l'événement :
Horaires : De 18h30 à 20h30
Lieu : Bar des Palmistes
Organisateur : Canopée des Sciences, Parc Amazonien de Guyane
Intervenant : Jacky PAWEY (chef coutumier); Lucien , Sylvain et Léopold CIVETTE ; Thomas et Etienne PALASSISSI, Robert YAWALOU, Robert LASSOUKA, Charles MISSO, René MONERVILLE; Damien DAVY, Pierre GRENAND, Olivier MARNETTE;

Premières cartes en langues amérindiennes

Téléchargez le Communique de presse « Café des sciences cartes Oyapock« 

Les premières cartes toponymiques et historiques en langue amérindienne existent désormais. Il aura fallu attendre un travail long de quatre ans de recueil des mémoires et des archives mené par l’Observatoire Hommes-Milieux Oyapock (OHM), les riverains, le PAG et le Cirad pour que les toponymes de la commune de Camopi figurent en teko et wayãpi sur une carte française. Ces toponymes sont souvent choisis en fonction des fondateurs des villages, des arbres comme le mombin, le fromager, le dodomissinga etc., et aussi en référence aux animaux extraordinaires ou aux épisodes passés. [Lire cette brève sur le site de Une saison en Guyane]

affiche café des sciences_web

« Ça nous permet de savoir, de comprendre où vivaient nos ancêtres, c’est très important pour nous » témoigne Jean-Marc Zidock, habitant de Trois Sauts.

Le référencement était en effet attendu, car il permet de dépoussiérer les cartes IGN « dépassées », de rétablir le sens des noms des criques, des fleuves et des camps qui furent« déformés au fur et à mesure des rééditions » du XIXe siècle à nos jours ; et parce que les villageois « sont dépositaires d’un patrimoine » souligne l’ethnologue Damien Davy, responsable de l’OHM. Les cartes présentent cinq cents noms ainsi que les données d’occupation des sols du Moyen Oyapock.

Dynamique socioculturelles, territorialité et gouvernance

Un programme initié en 2010 dans la commune de Camopi, par le CIRAD, le CNRS (Observatoire Hommes-Milieux Oyapock – OHM-) et le PAG. L’objectif est de comprendre les dynamiques en cours au sein des communautés Teko et Wayãpi d’un point de vue démographique, socioculturel ainsi que l’emprise spatiale et la régulation des différents systèmes d’activité (agriculture, habitat…). [Lire cet article sur le site du Parc Amazonien de Guyane]

Au cours des missions de terrain, les chercheurs ont accumulé une grande quantité de données toponymiques en langue Teko et Wayãpi. Un travail de recensement des anciens villages et de l’occupation historique de la vallée de l’Oyapock par les peuples amérindiens a aussi été réalisé. C’est le fruit d’entretiens et de prospections avec les aînés des villages, mais aussi de l’analyse des récits des explorateurs qui ont sillonné la région de l’Oyapock au cours des siècles passés. Cette masse d’information inédite a donné lieu à une série de documents cartographiques dont le PAG a achevé la mise en forme en fin d’année 2013.

« La mémoire des habitants et l’expertise des ethnologues Pierre Grenand et Damien Davy de l’OHM ont été fondamentales. Les cartes qui en résultent représentent pour la population une réelle valorisation de leur patrimoine culturel. C’est la première fois que des cartes toponymiques et historiques sont produites en langues amérindiennes et à leur attention » Pierre Joubert, responsable des systèmes d’information géographique du PAG.

Ces données spatialisées permettent de symboliser l’étendue du territoire des communautés résidant sur l’Oyapock. Conformément aux engagements pris au lancement de ce projet, une mission de restitution, attendue par la population, a été organisée en février 2014.

carte du village réalisée les enfants de camopi

carte du village réalisée les enfants de camopi

« Toutes ces données proviennent essentiellement d’échanges entre scientifiques et habitants. C’était important pour nous de les restituer officiellement » Pauline Perbet, géomaticienne du PAG.

Les jeux de cartes ont donc été diffusés auprès des autorités coutumières de Camopi et Trois-Sauts, ainsi qu’aux écoles, et la mairie. Isabelle Tritsch, doctorante au CIRAD était également de la mission pour présenter ses travaux sur l’occupation de l’espace agricole. Chaque diffusion a permis des temps d’échanges avec des habitants. L’occasion, entre autres, d’expliquer le métier de cartographe et l’importance des données satellitaires dans la cartographie moderne.

NB : dans le cadre de la convention cadre de partenariat qui lie le Rectorat et le PAG, deux agents du PAG et Isabelle Tritsch du CIRAD ont animé une séance au collège de Camopi autour de ce travail cartographique en cours sur la toponymie et l’observation des dynamiques agricoles et territoriales.

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